David José Kohon

Rétrospective Intégrale

 

Né en 1929, D.J. Kohon devient après la projection de son court-métrage Buenos Aires (1958) l’une des figures les plus marquantes de la Génération des Années 60. Il réalise alors un cinéma intimiste et subjectif où la ville de Buenos Aires est plus qu’un décor, un personnage impliqué dans ces histoires de jeunes marginaux toujours en quête d’un bonheur impossible et fuyant.

La programmation comprend 2 courts-métrages et 7 longs-métrages qui seront tous présentés par Javier Naudeau, jeune cinéaste, enseignant à l’Université de Buenos Aires et spécialiste de l’œuvre de D. J. Kohon, invité par le Département des Langues Etrangères de l’Université Paris VIII.

 

Itinéraire du cinéaste

Né en 1929, dans le quartier de Colegiales. Très tôt il devient conteur et poète ; il participe à la publication « El negro círculo de la calle » (« Le cercle noir de la rue »), recueil de contes, et publie des contes et poésies dans les revues Ficción, Comentario, Capricornio et dans le journal La Gaceta de Tucumán.

1950Sans aucune expérience cinématographique, il réalise son premier court-métrage, l’essai surréaliste La flecha y un compás (La flèche et un compas).

Entre 1950 et 1955, il participe à de courtes expériences en tant qu’assistant réalisateur de Leopoldo Torre Ríos.

1958Tandis qu’il s’impose comme critique cinématographique pour le journal Democracia, il présente son court-métrage Buenos Aires lors du Festival International de Mar del Plata qui reçoit de nombreuses récompenses et fait l’objetde critiques nationales et internationales élogieuses.

1959Fort de l’accueil obtenu par son court-métrage, Kohon réalise son premier long-métrage Prisonieros de una noche (Prisonniers d’une nuit) sur un scénario de Carlos Latorre, exploité commercialement en 1962 et distingué par le Prix « Opera Prima » au Meilleur Réalisateur d’une Première Œuvre de Long Métrage au Festival de Sestri Levante (Italie), les Prix « FIPRESCI » (de Presse Internationale) et « Cineforum » attribués au Meilleur Film lors de la même manifestation.

1961Ecrit et dirige Tres veces Ana (Trois fois Ana) qui obtient le « Prix Spécial » au Festival des Nouvelles Valeurs de Las Palmas (Espagne) et le « Prix du Meilleur Scénario » de l’Association des Critiques Cinématographiques d’Argentine.

1964Réalise Así o de otra manera (Ainsi ou autrement), sur un scénario de Carlos Latorre ; qualifié comme un film de catégorie « B » par el Instituto National de Cinematografía (c’est-à dire sans obligation de projection publique), fut présenté en 1996 dans le Complexe Tita Merello (salle officielle créée durant les années 90).

1968Ecrit et dirige Breve cielo (Bref ciel) distingué par les Prix de « la Meilleure Actrice » (Ana María Picchio) et du « Meilleur Scénario » lors du Festival de Moscou, les Prix « Argentores » et de l’Association des Critiques Cinématographiques d’Argentine pour le « Meilleur Scénario » ; il reçut également la « Mention d’Honneur » au Festival de Barcelone.

1970Réalise Con alma y vida (Avec âme et vie), sur un scénario co-signé avec Norberto Aroldi et Carlos Malatesta. Ce film obtient les Prix de « la Meilleure Réalisation », « La Meilleure Musique » (Astor Piazzolla) et du « Meilleur Interprète » (David Llewellyn) de l’Association des Critiques Cinématographiques d’Argentine.

1974Occupe le poste de Chef de la Section Spectacles du journal El mundo.

1976Réalise Qué es el otoño ? (Qu’est ce que l’automne ?), sur un scénario écrit en collaboration avec Mario Diament qui obtient le Prix Argentores du « Meilleur Scénario Dramatique ».

1981Ecrit et réalise El agujero en la pared (Le trou dans le mur) légèrement inspiré du Faust de Christopher Marlowe.

1987Réalise Hacia la vida (Vers la vie) sur un scénario de Máximo Soto, tourné en vidéo pour le Secrétariat des Sciences et Techniques et diffusé sur « Canal 13 ».

David José Kohon fait irruption dans le monde du cinéma avec ce que l’on a appelé La Generación del ’60, un groupe de nouveaux réalisateurs sans réelle expérience cinématographique et qui étaient imprégnés des séances nocturnes du ciné-club. Cette expérience, devenue un débat d’idées après la projection, les conduit à créer une poétique éloignée des canons classiques en vigueur.

La Generación del ‘60 n’était pas une école c’est à dire qu’il n’y avait pas, parmi ces nouveaux cinéastes, de style commun ni d’un modèle d’écriture propre qui les identifiaient. Au contraire, ils s’exprimaient à travers l’image et le scénario de manière libre, dépouillée et personnelle.

David Kohon apporte au Nouveau Cinéma Argentin des années 60 un regard intimiste qui aborde la relation du sujet avec son milieu social et avec lui-même. La solitude, le vide, la marginalisation et le dégoût sont les unes de ses thématiques, présentées par de subtiles touches transgressives, où les actions et les silences parlent pour les personnages.

Javier Naudeau