CANTATA DE LAS COSAS SOLAS

 

Jeudi 10 juin à 17h00

Cantate des choses dépouillées

Réalisation : Jorge Guillermo (Willi) Behnisch

52 mn, DVD, couleur, V.O.. 2003

Les yeux, l'œil. La première chose qui impressionne dans le premier film de Willi Behnisch, en tant que metteur en scène, sont les yeux d'un jeune homme, intenses, pénétrants, d'un regard qui semble métaphysique figé pour toujours sur une vieille photo de famille en noir et blanc. Puis vient le premier plan d'un seul œil qui résiste face à la camera sans quasiment cligner et dans lequel on devine un reflet peut-être même celui du réalisateur en se filmant lui-même ; car Cantate des chosesdépouillées est un cas uniquedans le cinéma argentin, un film qui n'est pas narratif, qui s'interroge sur le regard et son impossibilité de se refermer, son incapacité à se referer à l'au-delà de l'être visible. "Personne n'a encore vu ce que chaque homme voit" dit un des textes avec lequel Behnisch s'interroge sur l'être ultime et irréductible. En ce sens on pourrait dire que cette cantate est un film ontologique : avec une camera comme outil de reflexion, Behnisch découvre que par la fenêtre d'un train ; de sa camera, "les choses défilent et je ressens du soulagement parcequ'elles le sont en soi". Aride, exigeant, cet objet audiovisuel non identifié affirme que les histoires sont mensongères, que les rétines s'imprègnent d'images et que pour cela même il vaut la peine de tenterde jeter un nouveau regard, primordial.