Un rendez-vous autour de l'œuvre de Fernando Birri

 

 

 

 

Eléments biographiques

Quand les peuples crient ou chantent leur volonté de libération, de quoi doit parler le cinéma ? Il doit crier ou chanter avec eux ou, au contraire, se taire.

Poète, peintre, cinéaste et théoricien, Fernando Birri est né à Santa Fe (Argentine) en 1925. Entre 1950 et 1953, il suit les cours du Centro Sperimentale Cinematografico de Rome, tout en collaborant avec des réalisateurs italiens.
En 1956, il retourne en Argentine où la chute du péronisme rend possible les aspirations de la nouvelle génération. Il fonde alors à Santa Fe l' Instituto Cinematografico de la Universidad del Litoral dont l'influence touchera le domaine du
court et du long métrages comme ceux de la doctrine et de la critique spécialisée. Il réalise alors plusieurs courts-métrages, parmi lesquels la remarquable enquête sociale Tire Dié (1960), sur ces enfants qui demandent des pièces aux voyageurs lors du passage des trains à Santa Fe. Ce film est d'ailleurs considéré comme le point de départ du documentaire social latinoaméricain. Il lance ensuite son manifeste "Pour un cinéma national, réaliste, critique et populaire", qui sera identifié plus tard comme le premier acte du "nouveau cinéma latinoaméricain".
Sa première fiction, Los inundados, est une vision critique sociale d'un drame toujours actuel dans sa province pour laquelle il obtient le prix "Opera prima" au Festival International de Venise en 1962.
Obligé de quitter l'Argentine en 1963, il poursuit son activité en Amérique et en Europe comme scénariste, assistant à la réalisation, acteur et enseignant.
Son " Poème en forme de fiche technique " marque l'apogée de son activité de théoricien, essayiste et enseignant.
En 1985, il est invité par l'Institut National de la Cinématographie argentin, pour réintégrer officiellement la vie culturelle de son pays après 22 ans d'absence. Il renoue

alors avec son passé de cinéaste formateur de jeunes artistes, donnant naissance au séminaire " Mémoire et futur : l'Ecole Documentaire de Santa Fe et le Nouveau Cinéma Latinoaméricain. ", cherchant des résultats directs avec des nouveaux films-écoles.
En 1988, il réalise Un señor muy viejo con unas alas enormes (Un homme très âgé aux ailes énormes), adaptation d'un conte de Gabriel García Márquez, avec qui il co-écrivit le scénario.

En 1986, il fonde la Escuela Internacional de Cine y Televisión de Tres Mundos à Cuba qu'il dirigera jusqu'en 1990. Il tourne ensuite El siglo del viento (" Le siècle du vent ") d'après Memoria del fuego (" Mémoire du feu ") d'Eduardo Galeano.
La transcendance et l'importance de son oeuvre ont ainsi fait de lui un véritable maître du cinéma latinoaméricain.



Tire Dié /Une petite pièce,s’il vous plait 1958-1960, première enquête sociale filmée par les étudiants de la « Escuela de Cine de Santa Fe », dirigés par Fernando Birri.

33 mn, VHS, N & B, V.O.S.T. en français. 1956/1958

La première enquête sociale réalisée en Amérique Latine sur le sous-développement : sur un pont de Santa Fe, des enfants courent dangeureusement près des voies lorsque passe un train pour demander une pièce aux voyageurs qui se penchent aux fenêtres.
A travers une série d'entrevues, Fernando Birri dénonce la situation sociale et économique d'un quartier pauvre, le faubourg de Tire Dié, dans sa cruelle réalité et ses perspectives de lutte quotidienne pour la survie.
La réalisation de ce document, longue et complexe, dura deux ans. Tourné avec la plus grande authenticité possible, le film est en fait une oeuvre collective puisque 88 élèves de l'Ecole de Cinéma de la Universidad Nacional del Litoral y participèrent.

Prix obtenus

1956 Festival du Sodre de Montevideo (Uruguay)
Prix du meilleur court-métrage

1961 IVème festival du Cinéma documentaire et expérimental de Sodre (Uruguay)
Prix Spécial du Jury


Donde comienza el camino/Là où commence le chemin, un documentaire de Hugo Grosso, 2005, couleur, 1h20’ V.O. sous titrée français

Le film retrace le cheminement du Vieux Maître Fernando Birri  , Grand Père du « Nouveau Nouveau Cinéma Latinoamericain » , qui a laissé une trace indélébile dans l’hisotire du cinéma argentin, commencée dans la mythique « Escuela Documental de Santa Fe » qu’il avait fondé dans les années 70, et qui perdure encore de nos jours .
Les méthodes , les influences , son rôle fondateur , son compromis poétique –politique , sont quelques uns de sujets qui composent ce chemin.
Le film est structuré autour des interventions du cinéaste et des témoignages de ses disciples et amis qui ont partagé son parcours qui éclairent sa pensée et donnent à ce documentaire la valeur d’un cours magistral sur  l’Histoire du Cinéma Latinoamericain.

 

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