Pour célébrer le Centenaire de la création de la musique de films sera projeté En pos de la tierra (En quête de la terre) un film muet de 68’,realisé sur commande de la Federación Agraria Argentina en 1922. Précurseur du genre, il présente la singularité de combiner un documentaire et une fiction. La séance, en collaboration avec le Cine Club Rosario, sera accompagnée d’une création musical en directe au piano par Juan Carlos Cáceres, musicien, historien du tango.

En Pos de la tierra / En quête de la terre

C’était la Federación Agraria Argentina, productrice du film qui, en même temps que le dixième anniversaire du Cri d’Alcorta, commanda à l’entreprise Cinematográfica Valle la réalisation d’un film « institutionnel ». Le résultat a été un film de 68 minutes qui a la singularité de combiner un documentaire dans une fiction. La partie documentaire a été filmée le 26 août 1921 à l’occasion de la marche des fermiers à la Capitale, et la partie de fiction a commencée son rodage en mars 1922.

Le film sans bande sonore nous raconte en images et avec la combinaison de quelques 100 affiches l’histoire de José Sereno, un campagnard italien qui migre en Argentine en quête de la terre. L’origine du personnage n’est pas un hasard, étant donné que les Italiens ont été le premier et le plus nombreux groupe migratoire dans le pays et c’est autour de ce groupe que l’on décide de fonder la Federación.

Dans la fiction on voit José lors de son arrivée à Buenos Aires, ses premiers contacts, quelques travaux temporaires, sa vie dans une maison d’habitation, jusqu’à son arrivée à la campagne et ce qui apparaissait comme l’objectif de sa recherche. L’image nous montre José qui travaille sur un champ de blé et le changement de sa situation de péon à fermier, après trois ou quatre récoltes. Ses premières épargnes lui permettent d’amener sa famille en Argentine.

Jusque là l’histoire nous montre le contraste d’avec sa situation dans son pays d’origine où il comptait sur une petite exploitation familiale mais qui n’était pas suffisante. Les images actuelles de José qui sème avec ses enfants, qui contrôle directement la production, qui contracte les services d’une batteuse ne durent pas beaucoup et le « conflit » se déclenche avec l’apparition des intermédiaires et les patrons des grandes magasins qui, sous l’invocation de contrats abusifs, prétendent s’emparer de la plupart de la récolte.

En ce moment du film on se rencontre avec les instances documentaires : José qui parle avec Piacenza (1) dans un acte au siège de la Federación à l’occasion d’une grève. La marche de 1400 fermiers vers Buenos Aires et finalement l’obtention de la loi d’affermage en 1921. Aussi peut-on observer quelques images du siège de la FAA et de la rédaction du quotidien « La tierra ». La Federación favorisait son activité corporative tout en envoyant ses dirigeants parcourir les sièges pour offrir des conférences et en plus l’on projetait le film.

La copie en 35 mm du film se trouve au siège de la FAA, avec des inconvénients pour son exhibition étant donné son matériel très fragile. Cependant on peut voir des copies en vidéo données à des musées et des institutions. En 1998, le metteur en scène Alejandro Calore a assemblé une version éditée de 13 minutes avec l’addition de musique

Ce fragment appartient à l’article « Cine Rosarino : los comienzos » (Cinéma de Rosario : ses commencements) et fait part du livre « Rosarinos en pantalla » de Alfredo Scaglia et Fernando Varea, actuellement sous presse.

(1) Esteban Piacenza a occupé le poste de Président de la Federación Agraria Argentina de 1916 a 1945 , en remplaçant Francisco Netri assassiné en 1916.

 

   

 

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